Guide · 6 min
Construire un prévisionnel de trésorerie quand on est indépendant ou TPE
« L'activité est rentable, et pourtant le compte passe à découvert en décembre. » La situation est courante et ne dit rien de la qualité de votre gestion : le résultat et la trésorerie ne mesurent pas la même chose. Un prévisionnel de trésorerie sert à voir le creux trois mois avant qu'il n'arrive.
Résultat et trésorerie : deux questions différentes
Le résultat répond à la question « l'activité gagne-t-elle de l'argent sur la période ? ». Il compare ce que vous avez facturé à ce que vous avez consommé. La trésorerie répond à une autre question : « combien y a-t-il sur le compte à telle date ? ».
Entre les deux se glissent quatre décalages. Vos clients règlent à trente ou quarante-cinq jours, parfois plus. La TVA que vous encaissez ne vous appartient pas et repart le mois ou le trimestre suivant. Les impôts et les cotisations se paient avec retard, sur une base souvent ancienne. Enfin, certaines charges tombent une seule fois par an. Une année excellente sur le papier peut donc comporter deux mois très tendus.
Ce qu'il faut y mettre, dans l'ordre
- Le solde bancaire réel, à une date précise. C'est le point de départ ; tout le reste s'y ajoute ou s'en retranche.
- Les encaissements attendus, toutes taxes comprises, à la date probable du règlement et non à la date de la facture. Une facture émise fin mars avec un délai de quarante-cinq jours fin de mois s'inscrit en mai.
- Les dépenses récurrentes : loyer, abonnements, assurance, expert-comptable, rémunération du dirigeant. Le jour du mois compte peu ; l'oubli d'une ligne compte beaucoup.
- Les échéances fiscales et sociales : la TVA selon votre régime (déclaration mensuelle ou trimestrielle, ou deux acomptes au réel simplifié), l'impôt sur les sociétés en quatre acomptes puis un solde, les cotisations sociales du dirigeant, la cotisation foncière des entreprises en fin d'année.
- Les opérations ponctuelles : un investissement, un remboursement d'emprunt, une distribution de dividendes avec le prélèvement forfaitaire versé le mois suivant.
Douze mois, mois par mois
Un horizon de douze mois glissants suffit à la plupart des structures : il couvre un cycle fiscal complet et reste crédible. La maille mensuelle est la bonne. Plus fine, elle donne une fausse impression de précision ; plus large, elle masque le mois où le solde plonge. Ne cherchez pas l'exactitude à l'euro : un ordre de grandeur juste, tenu à jour, vaut mieux qu'un tableau parfait abandonné en février.
Par activité, si vous en menez plusieurs
Conseil et formation, régie et produit, deux clientèles distinctes : ventiler les encaissements et les dépenses par activité montre laquelle finance l'autre, et laquelle mérite l'effort commercial du trimestre. Les impôts et les cotisations, eux, restent au niveau de la société : il n'existe qu'un compte bancaire, et c'est son solde consolidé qui décide de la suite.
Prévu contre réalisé : la boucle qui rend l'outil utile
Un prévisionnel ne vaut que s'il est confronté à la réalité. Chaque mois, comparez ce que vous aviez prévu à ce que la banque a constaté. Un écart répété signale une hypothèse à corriger : un client qui paie systématiquement en retard, une charge sous-estimée, une saisonnalité ignorée. Au bout de trois ou quatre mois, vos prévisions deviennent nettement plus fiables, et vos décisions avec elles.
Trois oublis qui coûtent cher
La TVA encaissée n'est pas de la trésorerie disponible. Sur un encaissement de 1 200 €, 200 € repartent à l'administration. Raisonner sur le solde du compte sans retrancher la TVA à reverser est l'erreur la plus fréquente.
Les charges annuelles. Cotisation foncière en décembre, assurance, solde d'impôt sur les sociétés, régularisation de cotisations : elles ne figurent dans aucun relevé mensuel habituel et tombent souvent au même moment.
Le décalage des cotisations sociales. Pour un travailleur indépendant, les cotisations sont d'abord calculées sur un revenu antérieur, puis régularisées. Une très bonne année se paie donc en partie l'année suivante, au moment où l'activité a peut-être ralenti.
Ce que fait Litos
L'application Prévisionnel part de votre solde bancaire et de vos opérations, importées ou saisies. Vous y ajoutez vos lignes prévisionnelles, ponctuelles ou récurrentes, rattachées ou non à une activité. Litos estime l'échéancier fiscal et social selon le type de société et le régime de TVA, projette le solde mois par mois, signale les mois négatifs et compare le prévu au réalisé. Avec l'application Facturation, les factures en attente, les devis acceptés et les factures fournisseurs à payer alimentent la projection à leur échéance.
Les impôts et cotisations affichés restent des estimations de pilotage : vos déclarations et leur liquidation relèvent de votre expert-comptable ou de vous-même.
Vous préférez déléguer cette partie ?
Litos réunit la facturation électronique et le prévisionnel de trésorerie, dans un seul compte. 30 jours d'essai sans carte bancaire, puis 5,00 € HT par mois et par société, sans engagement.
Mis à jour le 18 septembre 2026. Ce guide décrit la réglementation telle qu'on la comprend à cette date ; ce n'est pas un conseil juridique. Une erreur ? Signalez-la-nous, nous corrigerons.