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Guide · 9 min

Anticiper son impôt sur le revenu quand on est dirigeant ou indépendant

Un dirigeant qui cumule une micro-entreprise et une société, ou une entreprise individuelle et un salaire, reçoit un seul avis d'impôt : celui de son foyer. Chaque société ne voit qu'une partie du tableau, et le prélèvement à la source se règle sur l'année d'avant. Ce guide explique comment les revenus se rejoignent, ce qui est prélevé en cours d'année, et comment éviter le solde de septembre.

L'impôt se calcule sur le foyer, pas sur la société

L'impôt sur le revenu additionne les revenus de toutes les personnes du foyer fiscal, quelle que soit la structure qui les verse, puis applique un barème progressif à l'ensemble. Deux conséquences. D'abord, le taux marginal qui frappe le dernier euro d'un bénéfice dépend des autres revenus : un salaire de conjoint, des dividendes, une pension. Ensuite, la tranche à 11 %, 30 % ou 41 % se détermine sur le total divisé par le nombre de parts, une par adulte, une demi-part par enfant pour les deux premiers, une part à partir du troisième, une demi-part de plus pour un parent isolé. L'avantage des parts est plafonné, et une décote allège l'impôt des revenus modestes.

Ce que devient chaque revenu

  • Micro-entreprise. Le chiffre d'affaires encaissé est abattu de 71 % pour les ventes, 50 % pour les prestations commerciales ou artisanales, 34 % pour les prestations libérales, avec un minimum de 305 €. Le reste entre dans le barème. Avec le versement libératoire, l'impôt est réglé chaque mois ou chaque trimestre avec les cotisations, à 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d'affaires, mais le bénéfice compte quand même pour le taux appliqué aux autres revenus.
  • Entreprise individuelle au réel. Le bénéfice de la déclaration contrôlée, net des cotisations sociales, entre dans le barème pour son montant.
  • Salaire de dirigeant. Le net imposable, abattu de 10 % pour frais professionnels, entre 504 € et 14 426 € en 2025, entre dans le barème.
  • Dividendes. Par défaut, le prélèvement forfaitaire de 12,8 % au titre de l'impôt, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, retenus par la société au versement. Sur option, le barème après un abattement de 40 %, intéressant quand la tranche marginale est basse. L'option vaut pour tous les revenus de capitaux de l'année.

Le prélèvement à la source se règle sur l'année d'avant

Depuis 2019, l'impôt se paie au fil de l'eau. Sur un salaire, l'employeur retient un taux personnalisé transmis par l'administration. Sur un bénéfice, l'administration prélève des acomptes, le 15 de chaque mois ou les 15 février, mai, août et novembre. Sur des dividendes, la société retient le forfait au versement. Dans les trois cas, le taux et les acomptes sont calculés sur la dernière déclaration connue, c'est-à-dire sur les revenus d'il y a un ou deux ans.

C'est là que naît le solde. Une bonne année produit un impôt que le prélèvement, calé sur une année plus modeste, n'a pas couvert : le solde arrive en septembre de l'année suivante, prélevé en une fois ou, au-delà de 300 €, en quatre mensualités de septembre à décembre. À l'inverse, une année en retrait donne un remboursement à l'été. Le taux et les acomptes peuvent être modulés en cours d'année depuis l'espace particulier : à la hausse librement, à la baisse dès que l'écart atteint 5 %.

Trois questions qui reviennent

  • Salaire ou dividendes ? Pour la même enveloppe dépensée par une société à l'IS, le salaire supporte des cotisations élevées mais ouvre des droits à la retraite et aux indemnités journalières ; les dividendes supportent l'impôt sur les sociétés puis 30 % de prélèvements, sans droits. La réponse dépend de la tranche du foyer et de la valeur accordée aux droits sociaux.
  • Versement libératoire ou barème ? Le versement libératoire l'emporte quand la tranche marginale du foyer dépasse son taux apparent ; il perd quand le foyer n'est pas imposable, puisqu'il se paie quand même. L'option s'exerce avant le 30 septembre pour l'année suivante, sous condition de revenu fiscal de référence.
  • Micro ou réel ? L'abattement forfaitaire du micro remplace les charges réelles. Au-dessus d'un certain niveau de charges, ou quand les cotisations sur le bénéfice réel deviennent inférieures à celles sur le chiffre d'affaires, le réel l'emporte, au prix d'une comptabilité.

Trois réflexes

  1. Estimer l'impôt de l'année en cours sur les revenus attendus, pas sur l'avis de l'an dernier, et le comparer à ce que le prélèvement à la source retiendra.
  2. Provisionner l'écart chaque mois jusqu'en décembre, sur le compte personnel : c'est de là que le solde de septembre est prélevé.
  3. Moduler quand l'écart est net, dans l'espace particulier, plutôt que de découvrir le solde à l'avis.

Ce que fait Litos

L'application Impôt sur le revenu s'active pour votre compte, et non pour une société. Elle lit les revenus que vos sociétés vous procurent dans les autres applications, le bénéfice de la micro-entreprise ou de l'entreprise individuelle, le salaire du dirigeant et les dividendes prévus, y ajoute les autres revenus du foyer que vous renseignez, puis liquide l'impôt de l'année avec les règles publiées par l'Urssaf sur mon-entreprise, vérifiées sur des foyers de référence avec le code de calcul que la DGFiP publie. Elle estime le prélèvement à la source, le solde ou le remboursement de septembre, la provision mensuelle, et signale l'écart avec l'impôt de l'année précédente. Les simulations comparent salaire et dividendes, versement libératoire et barème, micro et réel, avec les cotisations de chaque scénario.

Ces montants restent des estimations de pilotage, jamais une liquidation : seul votre avis d'impôt fait foi.

Vous préférez déléguer cette partie ?

Litos réunit la facturation électronique, le prévisionnel de trésorerie, le calcul des cotisations Urssaf, le suivi des impôts et l'impôt sur le revenu du foyer, dans un seul compte. 30 jours d'essai sans carte bancaire, puis 5,00 € HT par mois et par société, sans engagement.

Mis à jour le 25 septembre 2026. Ce guide décrit la réglementation telle qu'on la comprend à cette date ; ce n'est pas un conseil juridique. Une erreur ? Signalez-la-nous, nous corrigerons.